mercredi 16 octobre 2013

Teranga & problèmes de VISA



Depuis début Juillet 2013 tout ressortissant étrangers souhaitant fouler le territoire Sénégalais doit s’acquitter d'un Visa Biométrique valable pour une durée de 3 mois pour la modique somme de.. 50€. Étant sur Dakar depuis maintenant trois mois, le temps était venu d'affronter l'administration sénégalaise afin de prolonger mon Visa.


(1) La prolongation de Visa est payante :  Tout les trois mois, prévoir un budget de 50€ et s'armer d'une grande patience.

(2) Prolonger son Visa est beaucoup plus fastidieux qu'obtenir l'entrée sur le territoire Sénégalais. Aucun renseignement n'existe pour informer sur la procédure à suivre et rien n'est encore réellement organiser pour le prolongement de Visa puisque cette bêtise est entrée en vigueur début Juillet : on est actuellement dans la phase expérimentation du protectionnisme sénégalais.

Du coup, c'est armé de mon scooter que je suis allé à la pêche aux informations dans Dakar avec comme ligne de mire un service de l'Etat : le SNEDAI (entreprise privée spécialisée dans les documents officiels). Trouver ce service n'a pas été une mince histoire : dans les différents ministères comme dans la rue tout le monde connaît le lieu mais étrangement les réponses ne sont jamais les mêmes. Résultat tu perds deux heures à faire le tour du centre-ville. 

NB : Le SNEDAI est situé sur l'avenue Léopold Sédar Senghor.

Arrivé au SNEDAI, tu t'aperçois que les employés ont pris la pause Thieboudienne. Après l'attente, tu t'acquittes des 50€ et on te remet un document d'enrollement à présenter à Cité Police sur la Corniche de Dakar. Hum .. ok mais c'est où cette cité machin ?

Arrivé à Cité Police les ennuis commencent. L'inspecteur "inspecte" mon dossier de prolongation et me questionne sur les raisons de ma présence au Sénégal. Honnête je lui réponds que c'est pour un stage ... Voulant m'emm^^der inspecter gadget exige une convention de stage et un justificatif hébergement manuscrit et signé par les autorités de police. Bingo j'ai gagné le droit de revenir à Cité Police !! 

Une fois les documents en ma possession, (après un passage assez mémorable au poste de police de Thiaroye pour le certificat d'hébergement) inspecteur Gadget m’accueille de nouveau dans ses locaux flambant neuf de paresses et d'incompétences. Non content d'avoir la convention de stage, Mr Gadget m'annonce que le document est falsifié et contient des allégations en anglais "Or nous sommes dans un pays francophones Hein". Comme si ça suffisait pas, on me réclame également ma carte étudiant de EMLYON (J'avais envie de lui demander si il voulait pas ma carte Quick ou Gaumont pat hasard ?). Manque de chance, cette carte étudiant était dans mon portefeuille qui est bien sûr ... volé !! Mr Gadget ne me crois pas et exige la déclaration de vol. Ne l'ayant pas en possession, ce dernier appelle le poste de police pour avoir confirmation que j'ai porté plainte. Vous le devinez surement mais les agents de police n'ont rien noté lorsque j'ai fais la déclaration de vol. Du coup Mr Gadget me prend pour un menteur et refuse de me faire le VISA. Les nerfs à vif, je lui propose quelques CFA pour régler la situation et ce dernier accepte la "passe" pour la modique somme de 6€ (5000CFA) ... Pathétique.

Heureux d'en finir je ne suis pas au bout de mes peines puisque l'imprimante tombe en panne. Impossible d'imprimer le nouveau visa biométrique. Après 4h d'attentes, on m'invite à retenter ma chance dans quelques jours ... Tabaski oblige (Aïd el Kebir) !!

Le Sénégal, connu pour être une terre d'hospitalité, est un pourtant un pays qui tend à se replier sur lui-même tant au niveau des volontés politiques d'imposer le Wolof comme langue officielle nationale (au lieu du français) qu'au niveau de la politique d’immigration qui c'est rigidifier.

Ce n'est pas en compliquant les procédures d'entrée des étudiants ou des professionnels que le Sénégal ferra germer l'innovation, le progrès et développement dans son espace. 

Une barrière de plus s'ajoute au futur du pays.

samedi 12 octobre 2013

CABO VERDE - Récit de (fin) d'aventure

Jour 12 - Ponta do Sol (Santo Antao) / Praia (Ile de Santiago)


Marché Supicara - Praia

Une longue journée de voyage s'annonce en Bus, Ferry, Avion puis Taxi. L'objectif de la journée est de rallier la capitale du Cap-Vert, Praia et trouver l'appartement d'un ami rencontré durant mon séjour à Cruzinha.

Fort heureusement, le destin ne me réserve aucun imprévu. Aucun retard n'est à constater concernant le ferry reliant l'île de Santo-Antao à Sao Vicente ou l'avion de la TACV (compagnie capverdienne) reliant Mindelo (capitale de l'île de Sao Vicente) à Praia. 

C'est avec nostalgie que je quitte les terres de la montagneuse île de Santo Antao. Tellement de bons moments durant cette dizaine de jours de voyage. Une promesse, j'y reviendrai avec de beaux projets concernant le trail-running et le VTT enduro.

Arrivé sur Mindelo, je prends la direction du marché local afin d'échanger avec les commerçants et découvrir toute les denrées produites sur le sol capverdien. Des bananes succulentes (rappelant le goût des bonbons Haribo); des confitures exquises (papaye, goyave); du fromage de chèvre n'ayant rien à envier à nos productions françaises; du poisson fraichement pêché et bien sûr des litres de Grogue et autres spiritueux locaux. La cerise sur la gâteau, une cuisinière m'interpelle et m'enseigne les secrets de la préparation d'une bonne cachupa (plat national). Occasion rêvé pour le passionné de cuisine que je suis.
 
Plaza Strella - Mindelo

Cachupa - Homemade
 

Arrivé à l'aéroport de Praia à 20 heure, c'est encore une fois l'aventure pour trouver l'appartement de mon ami. Car bien évidemment un aéroport n'est jamais au centre-ville, et que je n'ai aucune idée de l'endroit où aller sachant que cette ville m'est inconnue. Fort heureusement, j'ai tout de même un point de repère sur Praia (le café Sofia) et le taxi-stop m'y dépose sans encombre contre quelques billets.

Il est tard. Un fromage de chèvre et au lit !

Jour 13 - Praia - Dakar

Last day in Cabo-Verde. 

Mon vol étant programmé pour 14h, je dispose de toute la matinée pour découvrir (brièvement) la capitale capverdienne : Praia (capitale économique et adminstrative)

Cubano style


J'y fais la visite de son centre historique : le Platô. Lieu hautement cosmopolite où capverdiens, africains, sud-américains et chinois composent la société. 

NB : 

(1) Durant ce séjour, j'ai été sidéré la "colonisation chinoise" au cap-vert. Mis à part quelques épiceries tenues par la population capverdienne, toute les boutiques de textile et biens divers sont contrôlés par les chinois.  Cet impérialisme chinois caractérisé par des produits à bas prix et de mauvaises qualités permet à une majorité de capverdiens de s'équiper à bas coût, mais a également tué l'artisanat capverdien : du capitalisme pur et dur. Ces faux T-shirt du FC Porto et fausses tongs Havaianas rendent la pauvreté invisible au Cap-Vert et pourtant ...

(2) Le trafic de drogue, les pickpockets et autres agressions en tout genre ne sont pas rares à Praia, triste conséquence de la pauvreté omniprésente. Une des raisons à cette pauvreté est l'écart entre la densité  (1/4 des capverdiens vivent à Praia) et l'offre/demande emplois. 


Derniers instants colorés aux marché Supicara et direction l'aéroport pour rejoindre Dakar !! Boulot, Surf, Dodo me re-voilà.

Marché Mindelo

Praia

Marché Supicara - Praia

Marché Supicara - Praia

Marché Supicara - Praia

Marché Supicara - Praia

Marché Supicara - Praia

Marché Supicara - Praia

Lycée Praia - Fastfood






CABO VERDE - Récit d'aventure (8)

Jour 11 : Cruzinha Da Garça - Ponta do Sol



L'air iodé de l'océan Atlantique et l'effervescence des pêcheurs s'activant au port me réveille de bonnes heures en cette douce matinée. 



Le programme de la journée est de rejoindre le village le célèbre village de pêcheur de Ponta Do Sol en passant par les villages de Corvo et Fontainhas, une merveilleuse randonnée côtière.



A flan de falaises impressionnantes devant un océan déchaîné, cette randonnée m'a fait découvrir non seulement de superbe paysages mais également des villages isolées ou abandonnées dont Forminguinhas, Corvo & le haut perché village de Fontainhas.



Arrivé à Ponta do Sol, j'ai l'impression de redécouvrir la civilisation. Ce tranquille village de pêcheur est une destination touristique immanquable pour de nombreux tours-opérateurs. L'économie locale s'est adapté à cet afflux de touristique (Octobre-Mai) et de nombreux hôtels sont apparus. Par soucis de convivialité et d'aventure, je poserai mes valises dans une pension familiale : La casa de Leila Leite.




Aux abords de la côte, j'aperçois de nombreux pêcheurs accompagnés des poissons et autres petites douceurs ramenées de l'océan. C'est en observateur que j'assiste à ces moments de vie simple, admiratif devant tout ce savoir-faire. Santo Antao, ses montagnes, sa pêche est îlot de beauté au milieu d'un océan de pauvreté qui anime le quotidien des capverdiens. 



Agréable surprise, la fête du village est programmé pour ce soir. Avant de prendre la direction des bars, tout le village rejoint l'ancien aéroport désaffecté pour assister à une course hippique et y réaliser des paris. On est bien loin de Vincennes, l'ambiance est à l'Africaine. Adieu le champagne, bonjour la Cerveza, Grogue et Merguez !! 



Ensuite je passerai la soirée avec un un groupe de jeunes du village, en totale immersion dans cette fête locale !!
























mardi 8 octobre 2013

Travailler dans le B.o.P




Sur le marché de Meckhe.



Après une nuit mouvementé dans l’arrière boutique de la franchise où de nombreux insectes et animaux en tout genre sont venus se joindre à nous, nous nous réveillons avec une quasi-gueule de bois. Verre d’eau, et re-motivation on est prêt à débuter la formation technico-commerciales que nous avions préparé la veille.  Initialement prévue à 8h du matin, nos collaborateurs arrivent à 11h en toute quiétude et sans excuse. Ponctualité et politesse sont des vertus inexistentes. Est-ce un mal ou simplement un choc culturel par rapport à la France ? A vous de juger. En tous cas il est difficile et usant de ne pas pouvoir programmer ses journées et devoir sans cesse faire face aux imprévus.




La télévision locale est là pour filmer la formation que nous dispensons aux franchisés et commerciaux. Payer à 50% par SESn et à 50% pour le franchisé nos intérêts sont différents quant à cette vidéo. Pour nous (SESn), l’idée est de réaliser un montage vidéo qui sera diffuser dans l’ensemble des franchises. Pour le franchisé, cette vidéo est l’occasion de montrer son investissement dans la formation des jeunes et ses objectifs de développement économique local. Pour ne pas vous mentir, notre franchisé va se présenter aux prochaines élections municipales, ses ambitions sont donc politique. 




La formation technico-commerciale que nous avons dispensé à été fort utile puisque nous avons fait monter en compétences les commerciaux : en développant leur argumentaire commercial  et leur capacité à réaliser des dimensionnements énergétiques. Notre système à points est une réussite. Grâce à cette innovation « vulgarisation technique » un enfant de CP est capable de diagnostiquer les besoins en énergie d’une maison et recommander quel kit solaire y correspond. Pari gagné, il ne reste plus qu’à l’appliquer sur le terrain et concrétiser des ventes.





Réaliser des ventes et résoudre un problème social : l’accès à l’énergie. Telle est notre démarche social business. La difficulté majeure est que notre cible client sont les populations isolées, à la base de la pyramide : B.O.P (Bottom of the Pyramid : expression économique pour désigner les populations vivant avec moins de 2$/jour).




Réaliser du commerce BtoC avec : une clientèle B.O.P et des produits chers et techniquement complexe est une tâche complexe à laquelle nous devons trouver une solution. La clientèle B.O.P n’est pas sensible aux argumentaires commerciaux. Les raisons majeures sont la barrière linguitisque (Français/Wolof), le manque de ressources financières (pas de cash pour acheter les produits comptant), la routine (jusqu’à présent les familles vivent sans accès à la lumière ou la TV, inchallah ça continuera). Vendre à une clientèle B.O.P implique de résoudre un problème de vie quotidienne et ceci devant les yeux des prospects.  A titre d’exemple, nous pourrions aller sur un marché de Peules à la tombée de la nuit afin d’exposer aux marchands que le commerce peut continuer même dans l’obscurité grâce à nos produits. Rythmée par les imprévus et le Inchallah’ la vie des locaux est tourmentée et ils n’ont que peut de mémoire pour se souvenir des arguments commerciaux oraux entendu sur un marché. Ainsi plutôt que de rester sur un marché au profil client B.O.P durant une journée entière, nous pourrions réaliser des actions « coup de poings » où nous résoudrions un problème social.




Travailler dans une startup dans un pays en développement sur une problématique B.O.P est comme vous le voyez très enrichissant humainement et professionnellement.



Une personnalité nîmoise du monde tennistique aurait dit que « Travailler au Sénégal, c’est l’imagination en érection perpétuelle »