jeudi 3 octobre 2013

Dans la brousse Sénégalaise

La journée du 2 Octobre 2013 a été marqué par mon premier véritable déplacement dans la "brousse sénégalaise", dans l'éco-village de Massarinko situé à quelques centaines de mètres de la frontière Gambienne.



L'objectif de ce déplacement à vocation professionnelle était de : 
  • Vérifier l'avancement des travaux de la STATION ENERGY en cours de construction
  • Rencontrer les "personnalités" du village pour cerner les besoins en énergie des habitants et leur ressources financières afin de leur définir une solution optimale
  • Former à la gestion technique et commerciale les futures managers de la centrale
  • Réaliser une interview du chef du village, prendre des photos ... en vue de la réalisation de la compagne publicitaire pour la levée de fonds. 

 Récit de la journée

Comme tous les rendez-vous au Sénégal, l'heure de départ initialement fixé à 8h30 avec l'ANEV c'est vu rallongé à 10h30. La ponctualité n'est pas une qualité première içi, chacun à son rythme on ne presse pas, Inchallah' il y a le temps.



Du temps et de la patience, il nous en faudra pour traversée le Sénégal et rejoindre l'éco-village de Massarinko. Pas moins de cinq heures de trajet sur des sentiers littéralement défoncés, et une pause déjeuner Thieboudienne ont été nécessaire pour rallier notre objectif.

Thieboudienne

Car rapide

Le Village de Karang


Cette traversée du Sénégal est dépaysante. De village en village, en passant par le célèbre Delta du Sine Saloum, les maisons en dur laisse place à des cases Bambara (habitation africaine typique de forme circulaire, réalisée en toit de chaume) ... encore une fois le dépaysement est présent.

Puit et cases Bambara


Arrivé près de la frontière Gambienne, nous nous enfonçons dans la brousse sur un sentier hors-piste pour finalement atteindre Massarinko. 

Eco-village de Massarinko


Sur place, nous constatons l'avancée des travaux, organisons la formation ... et j'en profite également pour partager avec la population locale sur les conditions de vie et les perspectives d'avenir dans le village.



STATION ENERGY


Le chef du village m'informe que l'exclusion énergétique dans le village oblige les habitants à utiliser des combustibles au sein même des maisons pour s'éclairer ou réaliser la nourriture; que le stockage des denrées périssables (produits laitiers, viande, poissons, légumes) est impossible. Seul le séchage du poisson et de la viande leur permet une solution de stockage.

Paysage magnifique

Les difficultés pour s'éclairer engendre un déficit d'éducation. Mal éduqué et sans perspective d'avenir dans leur village, les jeunes réalisent un exode rural vers Dakar où ils viennent agrandir le marché des vendeurs à la sauvette ... 


Enfants du village


Les difficultés de chaîne du froid engendre non seulement des problèmes de santé (gastro) mais également des problèmes de carences nutritionnelles. Nourri matin, midi et soir avec du mil, riz ou maïs il est impossible de fournir au corps humain tous les micro et macro-nutriments nécessaires à sa bonne construction. 

Moulin à farine de mil


Ce visite de village renforce mes convictions de développement des solutions d'énergie décentralisé en Afrique. Sans énergie le développement est une leurre.

Le retour sur Dakar s'effectue aux environs de 2h30 du matin. Encore une belle de journée enrichissante en Afrique.

Réunion sous le Baobab

Cuisiner avec la lumière ça aide

Préparation du Couscous

Massarinko
Nuit noire au départ à 20h

On the road
 
Couscous de Mil




Mil, Maïs, Blé

SESn, ONU et habitants du villages

Filles du village

Préparation du Niébé

Quel couillon !

Cuisine

See you next trip in Brousse

mercredi 2 octobre 2013

CABO VERDE - Récit d'aventure (6)

Jour 8 - Tarafal / Ribeira das Patas / Alto Mira




Au programme de la journée : Matinée de repos à Tarafal avec session plongée sous-marine (Snorkeling). Après-midi de 4x4 et de Trek pour prendre la direction de Alto Mira.


Comme d'habitude (mais on ne s'en lasse jamais) un petit-déjeuner copieux m'attends au réveil. Le ventre bien remplie j'enchaîne sur une activité géniale : session snorkeling afin d'explorer les fonds marins cap-verdiens. Armée d'un masque & tuba, je découvre des bancs de poissons aux couleurs bleus, des anguilles, des gros crabes, des poulpes et autres poissons plus ou moins gros. Dépaysement garantie, j'avais l'impression d'être seul dans l'océan avec tous ces poissons.Cette petite bourgade de pêcheur qu'est Tarafal offre décidément de grands moments de calme et de découvertes inattendues. 

Malgré l'expédition de 3h depuis Porto Novo pour y accéder et des conditions de vie "sommaire" pour une personne ne souhaitant pas voyager en mode "routard", Tarafal vaut plus que le détour pour ses paysages, ses randonnées, ses Ribeira isolées, son Volcan, ses pêcheurs, sa gaité, son rhum ... et plein d'autres petits délices à découvrir !

Après la pause déjeuner, je rejoints l'équipe française de Club Aventure qui m' aimablement proposé de me conduire jusqu'à Ponta Sul afin que je rejoigne Ribeira Das Patas puis le village d'Alto Mira.

Arrivé à Ponta Sul, c'est une nouvelle aventure qui démarre. Me voilà au milieu du désert avec le nom d'un village comme point de destination. A moi de faire le nécessaire pour trouver mon chemin. Après quelques heures de marche, je rejoins un village nommé Lagedos où j'y fais la connaissance d'agriculteurs m'indiquant le chemin menant à Alto Mira.

D'après eux c'est "Muito Longe" et pas faisable dans la journée, je devrais plutôt me reposer à mi-chemin à Ribeira das Patas. Têtu comme une mule, je continu le trek en direction de Alto Mira peut importe les avertissements. Au pire je dormirai à la belle étoile, au pire du pire je dormirai à la belle étoile sous la pluie, au pire du pire du pire ... ! 


Le Trek jusqu'à Alto Mira est grandiose. Les montagnes environnantes semblent sortir d'une conte de fée pour ultra-trailer ou d'un film du Seigneur des Anneaux. D'ailleurs, j'ai la sensation d'être Frodon au milieu des terres du Mordor, qui essaye d'accélérer le pas pour éviter la nuit et les attaques de méchants Orcs de l'armée de Sauron. Bref, stop le LSD.




Arrivée à Alto Mira aux environs de 19h30, j'avais peur de ne pas trouver de lieu où dormir. Finalement en moins de cinq minutes, je trouve une pension familiale incroyable : La casa de Amadeu.  Pour 2000$/jour (20€) je bénéficie d'un logement impeccable, d'un breakfast et repas du soir irréprochable.




La soirée se déroule avec la famille de Amadeu. J'en profite pour faire connaissance avec les enfants, échanger quelques blagues et anecdotes puis épuisé je vais rejoindre le lit. Malade comme un chien avec une fièvre de l'espace, ce n'est pas la meilleure nuit que je passe au cap-vert.

Jour 9 - Alto Mira - Plateau de Moroço

Encore malade, frissonnant et tout barbouiller de ma nuit agitée ... j'ai quelques instants hésiter à prendre la direction des montagnes. Mais ça aurait été trop bête de gâcher cette merveilleuse journée au lit alors que des paysages magnifiques et peu explorés m'attendent à quelques mètres.







Petit-déjeuner ingurgité, j'enfile le sac à dos et direction le plateau de Morrocos quelques 1200m+ de dénivelé plus haut afin d'observer le cratère "Gudo de Cavaleiro". Encore une fois les paysages sont sublimes et je fais la rencontre inattendue d'un agriculteur de Alto Mira. Ce dernier m'explique que tous les jours et ce malgré les aléas climatiques, ils montent à la cime travailler la terre. Une force physique et mentale impressionnante, un exemple de courage à montrer dans notre France trop souvent plaintive de sa vie quotidienne. Hey Oh les amis, regarder plus loin que le bout de votre nez et réfléchissez à votre chance de vivre offrant une stabilité et des services sociaux comme le notre.





Stupéfait de la balade, je passe une grande partie de l'après-midi à discuter avec les agriculteurs et éleveurs de chèvres afin d'appréhender leur vie quotidienne. Une vie de dur labeur dans la montagne mais un sourire et une sérénité inspirante.


mardi 1 octobre 2013

CABO VERDE - Récit d'aventure (5)


Jour 7 - Ile de Santo Antao. Tarafal de Monte Trigo

Camino de Tarafal - Monte Trigo

Au programme du jour : Randonnée de découverte jusqu'à Monte-Trigo et montée jusqu'au volcan Tope Corona.

Camino de Tarafal - Monte Trigo


Après un petit-déjeuner de géant concocté par Maria, je prépare mes réserves en eau pour ce périple d'une vingtaine de kilomètres qui s'annoncent autant épique par la beauté des paysages traversés que par la chaleur frappant le tracé.

Petit déjeuner cap-verdien as usual ...


La destination du trek est Monte-Trigo. La particularité de ce village de pêcheur est d'être le village située le plus à l'ouest du continent africain et d'être totalement isolé du reste du monde. Hallucinant de voir qu'aucune route n'existe et que la seule possibilité de rejoindre le village est de marcher une dizaine de kilomètres depuis Tarafal, ou alors de prendre un bateau de pêcheur.


Chemin infinie
Composé d'une centaines de personnes, la pauvreté est omniprésente dans le village. Les maisons construites dans un alliage de boue, pierre et morceaux de métaux récupérés. Comme dans la majorité de la population résidant sur l'île de Santo Antao, les activités économiques dominantes sont l'agriculture (faible du fait de la sécheresse chronique sur cette zone de l'île), la pêche, et l'élevage de porc-chèvres-boeuf. L'économie de ce village est circulaire, quasiment aucune denrée n'est exportée dans d'autres villages et les habitants fonctionnent sur ce un système ressemblant plus ou moins à du troc même si l'échange monétaire est présent. Je t'achète ta chèvre 1000$ pour et te vends 1000$ de poisson ...

Maison typique de Monte-Trigo
L'autre particularité de Monte-Trigo est d'être un village fonctionnant à 100% à l'énergie solaire. Ce projet financé par l'Union Européenne est une avancée incroyable pour le cap-vert et plus largement le continent africain. Car au cap-vert, comme au Sénégal, pas de pétrole à l'horizon et pourtant la quasi-totalité de l'électricité est produite à partir de cette énergie fossile ... un véritable gâchis économique et environnemental. Projet pilote au cap-vert, j'espère que cette initiative fera des émules. 


Monte-Trigo

Après cette visite du village et quelques échanges autour d'un coca-cola frais avec les habitants du village, j'attaque l'ascension du volcan Topo de Corona, le second plus grand volcan du cap-vert après celui de Fogo. A mi-chemin, la chaleur était trop forte et mes réserves d'eau à vide, je rebrousse chemin. L'année dernière une personne y est décédée ...

Volcan - Tope Corona

Vue sur Tarafal depuis la montée de Tope Corona

Paysage aride sur le volcan
Après quelques heures de marches, une chaleur de l'espace et des dizaines de litres de sueur, je rejoins Tarafal pour aller m'étendre sur la plage comme une larve desséchée ... j'aurais été un bon hameçon.
 
Plage de sable noir à Tarafal

Le repos n'est que de courte durée lorsqu'un groupe de trois pêcheurs cap-verdiens vient m'aborder pour enfiler quelques verres de Grog en leur compagnie. Eux totalement ivre et moi totalement explosé de la journée, j'accepte sans hésitation !! Sans comprendre grand chose à leur créole, les heures passent et je finis par m'endormir sur la plage. Heureusement Maria vient me réveiller, la Cachupa est prête, l'heure de manger a sonné !

Repas du soir : Cachupa - Plat de poisson - Riz - Patates - Papaye



Comer, Beber, Durmir ... Hasta Manana los amigos !!


Maison de cochon

Cimetière ...

Landscape

Il fait chaud !!